Le plus haut coaster du monde, le plus grand parc aquatique du Moyen-Orient et bientôt le premier parc Dragon Ball de la planète : tout cela sort d’un même chantier, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Riyad. Qiddiya City est le projet de divertissement le plus démesuré jamais lancé, porté par le fonds souverain saoudien dans le cadre du programme Vision 2030.
Longtemps resté une série d’images de synthèse, le projet est devenu bien réel : deux parcs majeurs ont ouvert leurs portes en huit mois. Et depuis le 24 août 2026, Qiddiya concerne directement la France, puisque c’est ce même opérateur qui va construire trois parcs à thème près de Paris. Visite guidée.
Qiddiya City, la ville du divertissement de la Vision 2030

Qiddiya Investment Company est une filiale du PIF, le fonds souverain saoudien, créée pour bâtir une ville entière dédiée au divertissement, au sport et à la culture au pied des falaises de Tuwaiq. L’objectif s’inscrit dans la Vision 2030 du royaume : diversifier l’économie au-delà du pétrole et garder sur place des touristes saoudiens qui dépensaient jusqu’ici leur budget loisirs à Dubaï ou ailleurs.
Sur le papier, Qiddiya City doit aligner parcs à thème, circuit de Formule 1, stade, arénas esport et quartiers résidentiels. Sur le terrain, deux morceaux du puzzle fonctionnent déjà, et pas des moindres.
Six Flags Qiddiya City : le parc de tous les records

Ouvert le 31 décembre 2025, Six Flags Qiddiya City est le premier parc Six Flags du Moyen-Orient : 32 hectares, 28 attractions réparties en plusieurs zones thématiques, dont la bien nommée City of Thrills. Cinq attractions y détiennent des records mondiaux dès l’ouverture, d’après la presse spécialisée.
La star s’appelle Falcon’s Flight, et elle écrase tout ce qui existe : environ 195 mètres de hauteur, une chute de plus de 150 mètres le long d’une falaise, une pointe à 250 km/h et 4,2 kilomètres de rails. Plus haut, plus rapide et plus long coaster du monde, les trois records d’un coup. À côté, les 90 mètres du Silver Star d’Europa-Park ressemblent à une aimable colline.
Soyons honnêtes : peu de lecteurs feront le voyage à Riyad pour un coaster. Mais ce parc change la donne du secteur, car il prouve que Qiddiya sait livrer un parc majeur, opérationnel et spectaculaire. C’est exactement l’argument que les Saoudiens ont mis sur la table pour convaincre la France.
Aquarabia : la démesure version aquatique
Juste à côté, Aquarabia a ouvert le 23 avril 2026. Présenté comme le plus grand parc aquatique du Moyen-Orient, il aligne 22 attractions aquatiques, 7 expériences sèches et 4 attractions record, selon la Saudi Press Agency, dont la première piscine à vagues océaniques du royaume, propulsée par la technologie Endless Surf.
Pour situer l’échelle : nos meilleurs parcs aquatiques français, O’Gliss Park en tête, jouent dans une catégorie nettement plus modeste. La comparaison n’est pas tout à fait juste (climat désertique, budget illimité), mais elle donne la mesure des ambitions saoudiennes sur ce créneau.
Le premier parc Dragon Ball au monde
C’est le projet qui fait parler toute la planète parc depuis son annonce en mars 2024 : un parc entièrement consacré à Dragon Ball, développé avec Toei Animation, une première mondiale. Le programme annoncé donne le vertige :
- Plus de 500 000 m² de superficie, soit l’équivalent du Parc Astérix
- 7 zones thématiques reprenant les lieux cultes de la saga, de Kame House à Capsule Corporation
- Plus de 30 attractions, dont un coaster logé dans une statue de Shenron de 70 mètres de haut
Le bémol, et il est de taille : plus de deux ans après l’annonce, aucune date d’ouverture n’est confirmée. Les travaux préparatoires ont été repérés sur site en 2026, d’après Sortiraparis, mais Qiddiya communique beaucoup plus volontiers sur les images de synthèse que sur le calendrier. Prudence, donc.
Et maintenant, la France
Le 24 août 2026, Qiddiya a signé avec l’État français un protocole d’accord à 6 milliards d’euros pour construire trois parcs à thème à Cergy-Pontoise, dont un parc Dragon Ball, sur le site de l’ancien Mirapolis. Le message est limpide : après avoir bâti sa vitrine dans le désert, Qiddiya veut s’installer sur le marché européen, face à Disney et Universal.
Faut-il s’en réjouir ou s’en méfier ? Les deux. Les réalisations saoudiennes prouvent une capacité d’exécution impressionnante, et le secteur français a tout à gagner d’un nouvel acteur qui investit. Reste à transformer un protocole d’accord en parcs bien réels, ce qui est une autre paire de manches. En attendant, notre top des meilleurs parcs d’attractions du monde pourrait bien accueillir un nouveau venu saoudien dans ses prochaines éditions. Le site officiel qiddiya.com documente l’avancée des chantiers.