Faillite, catastrophe, lassitude du public, accident dramatique ou catastrophe nucléaire : les raisons sont multiples mais le résultat est le même. Partout dans le monde, des dizaines de parcs d’attractions ont été laissés à l’abandon, devenus des terrains de jeu pour photographes urbex, des décors de films post-apocalyptiques, et parfois des lieux de pèlerinage pour amateurs de mystères urbains.
Voici notre top 10 des parcs d’attractions abandonnés les plus célèbres dans le monde. Du Spreepark de Berlin à la grande roue jamais inaugurée de Tchernobyl, ces lieux racontent chacun une histoire, entre rêve évanoui, tragédie et fascination pour la décrépitude.
1. Spreepark, Berlin (Allemagne)

Le plus iconique de tous. Ouvert en 1969 sous le nom de Kulturpark Plänterwald en RDA, repris et renommé Spreepark en 1991, le parc berlinois ferme en 2002 après faillite. Le propriétaire Norbert Witte tente alors un coup de force grotesque : il fait expédier une montagne russe au Pérou pour relancer un parc local… avec 180 kg de cocaïne cachés dans les wagons. Démasqué, il finit en prison.
Reste sur place une grande roue vacillante, des dinosaures en fibre de verre couchés dans la boue, des wagons renversés. Le site a été racheté par la ville de Berlin et un projet de parc culturel est en cours. L’accès libre reste interdit, mais des visites guidées sont organisées ponctuellement.
2. Parc d’attractions de Pripyat, Tchernobyl (Ukraine)

Le parc qui n’a jamais ouvert. Son inauguration était prévue pour le 1er mai 1986. Le 26 avril, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explose à quelques kilomètres. La ville de Pripyat est évacuée en urgence et le parc ne sera jamais ouvert au public. La grande roue jaune reste à ce jour l’image la plus iconique de la catastrophe, devenue symbole mondial du désastre nucléaire.
Avant la guerre en Ukraine, le site était inclus dans les circuits officiels de visite de la zone d’exclusion (avec dosimètres et guides). Aujourd’hui inaccessible. Les structures sont fortement contaminées et instables.
3. Six Flags New Orleans, Louisiane (États-Unis)

Ouvert en 2000 sous le nom de Jazzland puis racheté par Six Flags, ce parc louisianais est ravagé par l’ouragan Katrina en août 2005. L’eau stagne plusieurs semaines à plusieurs mètres de hauteur. Les coûts de réhabilitation sont jugés trop élevés, un litige oppose Six Flags à la ville, et le parc n’a jamais rouvert.
Les coasters rouillent sur place depuis 20 ans, des alligators ont colonisé les bassins, et le site est régulièrement utilisé pour des tournages de films dystopiques. Plusieurs projets de démolition ont été annoncés sans aboutir. C’est probablement le parc d’attractions abandonné le plus filmé au monde.
4. Nara Dreamland, Nara (Japon)

Ouvert en 1961 comme copie quasi parfaite de Disneyland (Tokyo n’existait pas encore), Nara Dreamland est resté populaire jusqu’à l’arrivée de Tokyo Disneyland en 1983 puis d’Universal Studios Japan en 2001. Fermé en 2006, le parc devient le plus célèbre spot urbex du Japon : Aska, le coaster en bois envahi par la végétation, le château style Belle au Bois Dormant en miniature, Main Street désertée…
Le gardien des lieux était réputé pour traquer les explorateurs (plusieurs étrangers ont été arrêtés). Le parc a été entièrement démoli entre octobre 2016 et décembre 2017. Il n’en reste rien aujourd’hui, mais les photos circulent toujours.
5. Wonderland Amusement Park, Beijing (Chine)

Surnommé le « Disneyland fantôme chinois », ce parc lancé dans les années 1990 près de Pékin n’a jamais été achevé. Litiges fonciers entre le promoteur et les agriculteurs locaux, problèmes financiers : les travaux s’arrêtent vers 1998-2000. Reste sur place un château gothique à moitié construit, entouré de champs de maïs et de bâtiments inachevés. Les images urbex de Wonderland ont fait le tour du monde dans les années 2000-2010, devenant un symbole des dérives immobilières chinoises de l’époque.
Les ruines ont été démolies en 2013. La zone est aujourd’hui reconvertie en projets commerciaux. Le « parc fantôme » photographié partout n’existe plus.
6. Discovery Island, Walt Disney World (États-Unis)

L’île abandonnée au cœur de Disney. Ouverte en 1974 sous le nom de Treasure Island puis renommée Discovery Island en 1978, cette île zoologique au milieu de Bay Lake à Walt Disney World abritait oiseaux exotiques et reptiles. Fermée en 1999 après l’ouverture d’Animal Kingdom (1998), elle est laissée intacte sur place.
Quelques explorateurs ont réussi à atteindre l’île en kayak et publié des photos des bâtiments envahis par la végétation. Disney poursuit systématiquement ce type d’intrusion. L’île appartient toujours à Disney, surveillée par caméras et patrouilles, et reste l’un des sites Disney les plus mystérieux pour les fans du resort.
7. River Country, Walt Disney World (États-Unis)

Le premier parc aquatique Disney, ouvert en 1976, victime de son obsolescence et de la concurrence interne (Typhoon Lagoon en 1989, Blizzard Beach en 1995). Fermé en 2001 et laissé tel quel pendant 18 ans derrière des clôtures : toboggans rouillés, passerelles en bois pourrissantes, végétation envahissante. Pour les fans de Disney, c’était le site Disney abandonné le plus poignant à observer.
Disney a finalement démoli le site à partir de 2019 pour construire un nouveau complexe Disney Vacation Club. Les structures d’origine ont été rasées. Le parc aquatique urbex n’existe plus physiquement, mais il a marqué une génération de Disney fans.
8. Camelot Theme Park, Lancashire (Royaume-Uni)

Ouvert en 1983 sur le thème médiéval du roi Arthur, Camelot Theme Park n’a jamais su rivaliser avec ses voisins (Alton Towers, Blackpool Pleasure Beach). Météo défavorable, manque d’investissements, baisse de fréquentation : le parc ferme en 2012. Le coaster Knightmare et les bâtiments médiévaux sont restés des années en friche, devenant un spot urbex britannique majeur.
Le parc a été utilisé pour des tournages et même reconverti temporairement en drive-through d’épouvante. De larges sections ont été démolies pour des projets immobiliers, le site reste interdit d’accès.
9. Dadipark, Dadizele (Belgique)

Le seul parc européen francophone du classement. Ouvert en 1950 comme parc lié à un site de pèlerinage marial, Dadipark était l’un des plus anciens parcs de loisirs de Belgique. Très populaire dans les années 1960-80, il décline ensuite. Un accident dramatique en 2000 (un enfant perd un bras sur une attraction) précipite la fermeture en 2002.
Pendant les années 2000 et 2010, le site se transforme en spot urbex flamand : graffitis, structures rouillées, manèges envahis par la végétation. Démoli en grande partie dans les années 2010, le terrain a été reconverti en logements et équipements locaux.
10. Yongma Land, Séoul (Corée du Sud)

Cas le plus original du classement. Ouvert dans les années 1980, fermé vers 2011 sous la pression de la concurrence (Lotte World, Everland), Yongma Land aurait pu finir démoli comme les autres. Sauf que le propriétaire a eu l’idée géniale d’en faire un décor commercial : accès payant pour shootings photo, clips de K-pop, séances photo de mariage, dramas.
Résultat : Yongma Land est le seul parc « abandonné » au monde où l’on peut entrer légalement contre un droit d’entrée modique, et même demander que certaines attractions soient éclairées artificiellement pour recréer l’ambiance « parc en activité décrépit ». Un modèle unique entre urbex et tourisme officiel.
En résumé
Sur ces 10 parcs, plusieurs ont déjà disparu (Nara Dreamland, Wonderland, River Country, Dadipark), démolis et reconvertis. D’autres résistent au temps comme symboles : Spreepark à Berlin, Pripyat en Ukraine. Et un cas unique, Yongma Land, a transformé l’abandon en business durable. Pour découvrir les parcs disparus côté France, voir notre Top 8 des parcs d’attractions disparus en France.